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Lundi 21 mai 2012

Procédure contre Henri de Bodinat

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son jugement le 4 avril 2012 dans la procédure que les Laboratoires Servier avaient engagée contre Henri de Bodinat concernant ses propos dans un article intitulé « Requiem pour une stratégie », mis en ligne le 18 octobre 2011 sur le blog « Stratégie » du site internet « Challenges ».

Le Tribunal dit que les propos poursuivis constituent une atteinte à la présomption d’innocence.

Il condamne Monsieur de Bodinat à payer aux Laboratoires Servier 2.000 € à titre de dommages et intérêts et 2.000 € au titre d’amende.

Il ordonne, par ailleurs, la publication aux frais d’Henri de Bodinat, dans la limite de 3.000 € HT, dans un journal du choix des Laboratoires Servier d’un communiqué ainsi conçu :
« Par jugement en date du 4 avril 2012, la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris (Chambre Civile de la Presse) a condamné Henri de Bodinat pour atteinte à la présomption d’innocence de la société Les Laboratoires Servier, en raison de propos figurant dans un article intitulé « Requiem pour une stratégie » mis en ligne le 18 octobre 2011 sur le blog « Stratégie » du site internet « Challenges ».

Ce résultat, le premier rendu concernant un aspect de « l’affaire Mediator » rappelle que les faits du dossier n’ont pas encore été examinés par la justice.

Communiqué de presse

Le Journal du Dimanche dans un article de son édition du 1er avril titré « Mediator, les essais secrets sur l’homme » cite trois expériences effectuées en 1968, 1971 et 1973 chez l’humain avec le Mediator. Et ajoute que ces essais cliniques « mettent à mal la défense du laboratoire ».

Contrairement à ce qui est écrit, Les Laboratoires Servier n’ont jamais caché avoir fait des essais cliniques pour tester l’effet anorexigène du Mediator, et c’est justement l’analyse des essais dans leur globalité qui n’ont pas permis de conclure à l’activité anorexigène chez l’homme.

Les essais commentés par le JDD ont été mis à disposition des enquêteurs, comme beaucoup d’autres documents démontrant le contraire et sur lesquels Les Laboratoires Servier ont demandé à être interrogés par les juges d’instruction.

Une analyse plus complète, rigoureuse et équilibrée de l’ensemble des études effectuées et donc de l’ensemble des pièces saisies permettraient au JDD de décrire les conclusions qui se sont imposées et qui démontrent que l’activité anorexigène du Mediator est insuffisante.

En effet, par définition, un médicament anorexigène doit inhiber la prise alimentaire pour entrainer une perte de 10% du poids corporel.

Or, si l’activité du Mediator chez l’humain s’est montrée positive dans le contrôle des taux de glucides et des lipides circulants, ces effets métaboliques significatifs s’accompagnent d’une perte de poids modeste (une moyenne de 1.5kg dans des études contrôlées).

De la même façon et contrairement à ce que laisse entendre l’article, si le Mediator avait montré un effet anorexigène, Les Laboratoires Servier n’avaient aucune raison de ne pas fonder la demande d’autorisation de mise sur le marché sur cette propriété.

En effet, Les Laboratoires Servier disposaient à cette date aussi bien d’un anorexigène que d’un antidiabétique sur le marché. L’assertion de Madame Irène Frachon citée dans l’article expliquant que Les Laboratoires Servier auraient choisi de « positionner le Mediator dans un secteur ou l’autre pour élargir son marché dans le domaine des médicaments remboursables » est donc à la fois fausse et déplacée.

Les Laboratoires Servier ont fourni tous ces éléments à la rédaction du JDD et ne peuvent que regretter que la rédaction du JDD ait choisi de ne pas les apporter à la connaissance de ses lecteurs.

Communiqué de presse

Suresnes, le 14 mars 2012

Les Laboratoires Servier confirment que des salariés de son Groupe de recherche ont été questionnés mardi 13 mars sur les procédures de destruction de documents dans l’entreprise, suite à une interview d’un ancien salarié publiée dans le journal « Le Monde » en octobre 2011, dans lequel il témoigne de la destruction de documents, en précisant toutefois ne pas connaître la nature desdits documents.

Un lien sans fondement est fait dans l’article entre la destruction de ces documents et l’affaire Mediator.

La police a souhaité interroger 8 salariés (assistantes, cadres, membres de la sécurité). Les entretiens se sont déroulés au commissariat de Nanterre, échelonnés dans l’après-midi jusqu’en début de soirée. Les derniers entretiens se sont terminés à 23h.

Aucune perquisition n’a eu lieu au siège du Groupe à Suresnes contrairement à ce qui avait été annoncé par une dépêche d’agence du jour.

Le secteur pharmaceutique, comme d’autres secteurs d’activité est un domaine très concurrentiel où la destruction de documents de travail est réalisée quotidiennement pour des raisons de confidentialité.

En outre, durant l’année 2011, Les Laboratoires Servier ont réalisé le déménagement en plusieurs étapes de plus de 2000 collaborateurs installés sur différents sites des Hauts-de-Seine afin d’intégrer les bureaux de son nouveau siège à Suresnes. Des grands volumes de documents ont été détruits avant le déménagement.

Les Laboratoires Servier envisagent d’exercer des actions en justice à la suite d’informations diffamatoires.

 

Communiqué de presse

Suresnes, le 9 février 2012 :

Les Laboratoires Servier tiennent à souligner que l’étude annoncée aujourd’hui par la presse concernant Médiator n’est pas une nouvelle étude. Il s’agit des mêmes chiffres déjà largement diffusés mais non confirmés, issus d’une étude statistique dont la méthodologie a fait l’objet de sérieuses critiques. Ces chiffres ont été simplement remaniés par les auteurs, en vue d’une publication.

Des études cliniques menées par des cardiologues, sont actuellement en cours. Elles seules permettront d’évaluer l’incidence réelle des valvulopathies chez les patients traités.

Réponse à l’article du Figaro du 6 février 2012

Les Laboratoires Servier sont extrêmement choqués par l’article du Figaro qui viole le secret de l’instruction pénale pour reprendre certains propos d’une ex-visiteuse médicale du groupe Servier devant les gendarmes OCLAESP dans l’affaire Mediator.

Les Laboratoires Servier réfutent ces propos caricaturaux et non représentatifs de la profession de visiteur médical. Cet article sexiste et indécent à plusieurs endroits, non seulement porte préjudice à l’image des collaborateurs mais est une insulte à l’image de la femme.

Droit de réponse des laboratoires Servier suite à l’article de Libération

Suresnes, le 28 décembre 2011 :

Monsieur Bapt (1) affirme tout d’abord que ce n’est qu’en juin 2001 qu’une modification de l’AMM du Mediator a ajouté une indication destinée aux diabétiques à la suite d’un recours du laboratoire et sans examen par la Commission d’AMM. Outre le fait qu’en 1974 l’AMM comportait également les deux indications de « trouble du métabolisme des lipides » et de « trouble du métabolisme des glucides », l’indication d’« adjuvant du régime adapté chez les diabétiques avec surcharge pondérale » a été validée par le ministère de la Santé dès octobre 1979, ce qui est rappelé dans plusieurs annexes du rapport de l’Igas.

Monsieur Bapt affirme ensuite que le Mediator est un anorexigène en se fondant notamment sur des études précliniques réalisées sur l’animal et sur une prétendue commercialisation en Italie comme coupe-faim. Aucune étude clinique sur l’homme n’a jamais révélé une activité anorexigène du Benfluorex, que ce soit avant l’AMM de 1974 ou même après. Par ailleurs, le Mediator n’a jamais été commercialisé en Italie comme coupe-faim.

Monsieur Bapt affirme encore que certains effets secondaires rapportés sous Mediator seraient communs avec l’amphétamine, en particulier les effets psychostimulants, les signes de dépendance et de syndrome de sevrage et enfin, la modification de la pression artérielle, ce qui aurait été dissimulé par Servier. Outre le fait que M. Bapt ne s’appuie sur aucune référence, la communauté scientifique reconnaît qu’en raison de sa structure et de ses propriétés pharmacologiques, le Mediator n’est pas une amphétamine. Il est en particulier sans effet sur la dépendance comme sur la pression artérielle.

La quatrième accusation concerne des signaux de pharmacovigilance qui auraient été ignorés par les laboratoires Servier. Monsieur Bapt évoque des signalements en Belgique dès 1991 et aux Etats-Unis en 1997. Ces signalements ne concernent pas le Mediator et n’ont du reste jamais été attribués à ce médicament par l’Afssaps. S’agissant des cas belges de 1991, le produit incriminé, l’Isoméride, était utilisé massivement en association avec des plantes chinoises toxiques. Quant aux cas américains, ils résultaient d’une co-administration Isoméride-Phentermine. Par ailleurs, la présence d’un métabolite commun – la norfenfluramine (qui, loin d’être cachée, figure dans le dossier de l’AMM dès 1974) – n’a jamais été considérée à elle seule comme un facteur de risque avant une période récente, que ce soit par la communauté scientifique, l’Afssaps, ou même encore par Mme Irène Frachon qui écrivait en 2009 dans l’ European Respiratory Journal : «To date, Benfluorex has not been reported to be associated with frequent cardiovascular side effects».

Enfin, concernant les prescriptions hors AMM de Mediator, les déclarations de M. Servier reposent sur les bases de données qui font autorité en matière, à savoir les bases Thalès et Dorema, alors que les 80% de hors AMM évoqués par M. Bapt ne reposent sur aucune source sérieuse.

(1) Libération du 6 décembre.

Panorama du médecin – numéros 5246-5247

Mediator : les cardiologues toujours aussi circonspects

D’après les interventions des Prs Jean Acar, Iradj Gandjbakhch et Jean-Luc Monin, réunion scientifique de l’Amicale des cardiologues du Val-de-Marne, Paris, le 1er décembre 2011.

Semaine du 19 au 25 décembre 2011 – nos 5246-5247 – Panorama du Médecin

Communiqué des avocats des Laboratoires Servier

Suresnes, le 14 décembre 2011 :

Les Laboratoires Servier prennent connaissance à l’instant de l’arrêt rendu par la Cour de cassation refusant le rassemblement à Paris des procédures pénales pour tromperie dont ils sont l’objet.

Les Laboratoires Servier regrettent que la Cour de cassation n’ait pas fait droit à leur requête, soutenue par de nombreuses autres parties civiles, dont la seule finalité était de mettre un terme à une situation procédurale très complexe.

Les Laboratoires Servier prennent acte de cette décision et des innombrables difficultés procédurales qu’elle ne manquera pas d’entrainer.

Droit de réponse des Laboratoires Servier suite à l’article de Mediapart

Suresnes, le 11 novembre 2011 :

Pour affirmer que « Mediator la tromperie était brevetée », Mediapart s’appuie sur le brevet spécial de médicament demandé le 3 juillet 1967 par Science Union et compagnie, filiale du Groupe Servier et délivré le 23 décembre 1968.

L’article affirme que le dépôt de ce brevet constitue la preuve que Les Laboratoires Servier reconnaissaient un effet coupe-faim au Mediator dès cette époque.

C’est faux.

Aucune reconnaissance d’un effet coupe-faim du Mediator ne peut être déduit de ce document.

Ce brevet déposé en 1967 à un stade précoce, où les études chez l’homme n’avaient pas encore été réalisées, atteste seulement des effets anorexigènes du Benfluorex chez le rat et le chien à l’issue des études publiées et financées par Les Laboratoires Servier.

Créant la confusion, l’article suggère que les propriétés observées chez le rat et chez le chien au terme d’expérimentations scientifiques, réalisées bien avant les études cliniques chez l’homme, seraient transposables à l’homme.

Or, les Laboratoires Servier rappellent qu’à ce jour, aucune étude n’est venue démontrer un effet anorexigène chez l’homme aux doses thérapeutiques recommandées et qu’une expertise ordonnée par les Juges d’Instruction en charge de ce dossier est actuellement en cours.

Enfin, la référence de Mediapart à ce brevet confirme que Les Laboratoires Servier n’ont jamais dissimulé les propriétés anorexigènes du Benfluorex chez le rat et le chien, contrairement aux accusations élevées à leur encontre.

Les laboratoires Servier regrettent que Libération ait tronqué des documents les concernant afin d’en altérer le sens.

Suresnes, le 8 novembre 2011 : Les laboratoires Servier regrettent que Libération ait tronqué des documents les concernant afin d’en altérer le sens.

En effet, Libération publie aujourd’hui un extrait d’un courrier du 3 mars 1976 entre le Docteur Riveline (de Servier) et un expérimentateur extérieur, le Docteur Figarella, dans le but de démontrer que Servier aurait « ignoré » les résultats de l’étude du Docteur Figarella en indiquant une activité pour le Mediator sur les lipides. Le Docteur Figarella aurait témoigné dans ce sens pour le documentaire d’Arte, « Mediator Histoire d’une dérive », qui doit être diffusé ce soir.

La lecture du courrier du 3 mars 1976 et de l’intégralité des échanges de courriers entre les Docteurs Riveline et Figarella démontre que ce que laisse entendre Libération est faux.

En effet on y constate que :

1. l’activité du Mediator contre la lipase pancréatique était scientifiquement reconnue à l’époque.

2. Le Docteur Figarella elle-même a fait référence à d’autres tests qui montraient l’activité inhibitrice du Mediator sur la lipase.

3. Que des scientifiques expliquaient la variabilité constatée de l’effet du Mediator sur la lipase, qui dépendait des conditions expérimentales.

Les biologistes savent que l’activité physiologique d’enzymes comme la lipase dépend de facteurs expérimentaux variés, c’est pourquoi de nombreux tests sont réalisés par différentes équipes pendant le développement d’une molécule afin d’en confronter les résultats.

Depuis plusieurs jours, Servier a cherché à contacter la direction des programmes d’Arte afin de participer au débat prévu à la suite de la diffusion du documentaire. Malheureusement, aucun responsable d’Arte n’a été joignable.